Le terme collection désigne un ensemble d’objets matériels ou immatériels qu’un individu ou une institution a sélectionné et rassemblé. Il fait aussi référence à la faculté d’en entretenir et gérer les objets. La constitution d’une véritable collection se définit par la capacité du collectionneur à créer des regroupements d’objets qui forment un ensemble cohérent et signifiant. Si la pratique de la collection au musée se présente comme la source de son existence et la finalité de ses activités, l’art de collectionner pour les particuliers confère une autre valeur à l’objet. L’action de collectionner peut ainsi devenir un loisir et même une profession à vocation pécuniaire ou patrimoniale.

Ces entretiens interrogent à plusieurs reprises l’activité de collectionner. En quoi consiste-t-elle ? Quelles formes prend-elle ? Les chercheurs exposent en effet les modalités du collectionnisme et la diversité de ses pratiques. Ils s’interrogent également sur l’histoire des collections et au cas des catalogues numériques et des bases de données qui bouleversent notre rapport aux collections.

1.1. L’activité du collectionneur : un esprit particulier

Le principe même de collectionner consiste à réunir des objets d’un même thème dans la volonté de créer un ensemble éclairé par un but. Ce but peut être pécunier, lié au loisir, il est également scientifique voire animé par toutes ces raisons. Si la collection n’est parfois qu’un plaisir personnel comme pour François Lissarrague, qui évoque sa collection de cartes postales, elle a souvent pour vocation de mettre en lumière « l’œil » et « l’esprit» du collectionneur.  La collection participe alors à la mise en valeur de son propriétaire sur le plan du marché de l’art, dans la communauté scientifique ou bien dans la représentation même de son personnage public.

 

1.2. .L’activité du collectionneur : d'un passe-temps à une activité scientifique

Le principe de collection induit un autre rapport à l’œuvre d’art. L’œuvre n’est plus unique, elle ne fait complétement sens qu’au cœur de cette collection. François Lissarrague explique que le principe de collection peut aussi permettre d’expliquer et de commenter un objet. Il propose en quelque sorte d’inverser le processus du collectionnisme en plaçant l’objet unique au cœur d’une collection pour en faire l’étude. D’autres confèrent une utilité à la collection quand elle se caractérise par une accumulation d’images mentales ou matérielles. Ces chercheurs forment alors les collections d’images pour mener leurs études. Pour cela, Pascale Linant de Bellefonds qui ne se définit pas comme une collectionneuse accepte de l'être dans le cadre de ses recherches.

1.3. L’activité du collectionneur : le refus de collectionner

La plupart des spécialistes questionnés n’avouent pas pratiquer la collection, car ils ne sont pas intéressés par cet aspect, à l’image de Renaud Robert et Martine Denoyelle, tandis que d’autres n’ont pas cet esprit comme Marie-Christine Villanueva-Puig, John North ou bien Angela Pontrandolfo.

2.1. L’histoire des collections : une discipline utile à l’étude du contexte des œuvres

Le principe de l’étude de l’histoire des collections est abordé en lien avec l’enquête archivistique à mener dans une étude iconographique. Les auteurs affirment que celle-ci permet d’améliorer la connaissance de l’œuvre en donnant des précisions sur son lieu de provenance, son itinéraire et sa réception. Ils apportent pour chacun des arguments sur l’intérêt de l’étude de l’histoire des collections. Pour Martine Denoyelle, François Lissarrague et Paolo Moreno l’étude de l’histoire des collections est essentielle car elle apporte des informations sur le contexte de découverte et la provenance de l’objet.

2.2. L’histoire des collections : une discipline utile à l’étude de la réception des œuvres

Tandis que pour Renaud Robert, Jas Elsner, John Boardman et Donna Kurtz, c’est avant tout le moyen de connaitre la réception des objets de leurs études :

3.1. L’étude des collections : du refus des catalogues et des bases de données…

L’étude des collections par le biais des catalogues numériques et des bases de données s’est aujourd’hui beaucoup développée. Ces images numériques facilitent l’accès aux collections de nombreux musées, mais bouleversent le rapport aux œuvres et à la recherche.

Pour Renaud Robert, ces programmes de numérisation des collections des musées concernent davantage les grandes institutions que les plus modestes, particulièrement en raison des budgets mis à disposition.  De surcroit, il émet des réserves quant au développement de ces banques de données. Or, à ce jour, les bases de données et catalogues numériques se sont diversifiées et la numérisation des collections est l’un des objectifs majeurs des musées.

3.2. L’étude des collections : … à la reconnaissance de l’utilité des catalogues et des bases de données

Marie-Christine Villanueva-Puig est quant à elle moins hostile à la numérisation des collections, bien qu’elle soit plus favorable au papier qu’au numérique. Elle admet que l’élaboration d’une base de données est utile tant pour les musées que pour la recherche scientifique. Paolo Moreno, Luca Giuliani et Angela Pontrandolfo sont quant à eux des utilisateurs convaincus.

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