Cratère des Niobides (460-450 av J-C).

Nom complet de l’artiste: Peintre des Niobides.

Nom(s) de l’œuvre: Cratère des Niobides / Cratère en calice à figures rouges / Cratère d’Orvieto.

Type de vase: Cratère en calice.

Date : Vers 460-450 avant Jésus-Christ.

Date de découverte du vase: Octobre 1880.

Provenance du vase : Orvieto (Volsinii).

Technique : Céramique attique à figures rouges.

Dimension : Hauteur : 54cm ; Diamètre : 56cm.

 

Œuvre issue de la collection : Collection Tyszkiewicz, 1883.

Lieu de conservation actuel : Musée du Louvre, Paris, France.

Localisation de l’œuvre dans le musée : Aile Denon - Rez-de-chaussée- Salle d'Olympie - Salle 407.

Numéro d’Inventaire : G 341

 

Présentation historiographique de l’œuvre :

Suite à des fouilles supervisées par l’archéologue Wolfang Helbig, l’oeuvre a été découverte en octobre de l’année 1880. Elle se trouvait dans une tombe étrusque qui se situe sur le flanc nord de la colline d’Orvieto, où s’étend la nécropole de Crocifisso del Tufo. Peu de temps après sa découverte, le cratère est entré dans la collection du comte Tyszkiewicz. Puis pour la somme de 15 000 francs, le vase a été acquis par le musée du Louvre, où il demeure encore à ce jour.

  

Description et analyse :

Le cratère est un vase du banquet grec servant à mélanger l’eau et le vin. Il est reconnaissable par sa panse large, son col ouvert et ses deux anses latérales. Il s’agit, ici, d’un cratère en calice attique, peu classique car sa panse est élancée. Le cratère des Niobides doit son appellation au décor illustré sur la face B : le massacre des Niobides.

Sur la face A du cratère sont représentés onze personnages. Seuls deux d’entre eux sont identifiables: Héraclès est situé au centre, la léonté reposant sur son bras gauche, tenant son arc et sa massue. À droite apparaît Athéna portant le casque et la lance. Si cette scène n’est pas clairement identifiée, plusieurs hypothèses ont été émises. La plus récente propose de voir ici la statue d’Héraclès divinisée suite à ses exploits. Autour de lui, les guerriers de Marathon viennent se placer sous sa protection avant la bataille, car celui-ci aurait favorisé la fameuse victoire de Marathon.

Sur la face B du vase est représenté, le châtiment de Niobé et la mort de ses enfants. Celle-ci s’était vantée auprès de Létô d’être supérieure à elle, qui n’avait enfanté que deux enfants : Artémis et Apollon. Ces derniers s’armèrent donc de leurs flèches pour aller massacrer les six fils et six filles de Niobé. Cet épisode est relaté dans l’Illiade, raconté par Achille à Priam : « Niobé, elle-même, Niobé aux beaux cheveux a songé à manger, elle qui, en sa maison, avait vu périr douze enfants, six filles, six fils en pleine jeunesse. Les fils, c’est Apollon qui les tua de son arc d’argent, courroucé contre Niobé ; les filles, c’est Artémis la Sagittaire, parce que Niobé se prétendait l’égale de Létô la jolie : Létô, disait-elle, une multitude ! Ces deux-là cependant les tuèrent tous ! »(Homère, Illiade, XXIV, v. 601-613. Trad. P. Mazon, les Belles Lettres, Paris, 1967).

Les personnages sont disposés sur deux niveaux superposés. Un soin particulier est apporté aux détails du visage et des gestes afin de retranscrire l’atmosphère meurtrière de la scène. « Ce phénomène nouveau et rare (ce vase est isolé dans la carrière du peintre) est sans doute dû à l’influence de la grande peinture: les sources nous disent que Polygnote de Thasos, auteur de grandes compositions à Delphes ou à Athènes, s’attachait à cette description des âmes. » (HOLTZMANN Bernard, Pasquier Alain, Histoire de l’art antique, l’Art grec, Petits manuels de l’Ecole du Louvre, éd. Ecole du Louvre, Paris, 2011, p. 174-175)

Les deux scènes prennent place entre deux frises de lotus et de palmettes qui bordent les parties supérieure et inférieure du vase.             .

 

Cratère des Niobides et Martine Denoyelle

Le cratère des Niobides est fréquemment cité par Martine Denoyelle. Elle évoque dans son interview l’importance du regard porté sur l’œuvre étudiée, sur son décor et ses dimensions. Cette observation directe permet une meilleure interprétation, sans toutefois tomber dans la surinterprétation.

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