Le mot « musée » vient du latin museum, lui-même emprunté au grec mouseîon et signifie, au sens le plus ancien, « temple des Muses ». Selon la mythologie gréco-romaine, ces neuf divinités président aux arts libéraux. Au cours des siècles, le musée a évolué, passant des cabinets de curiosités de la Renaissance à un lieu ouvert à tous, rassemblant des réalisations tant artistiques, que scientifiques ou techniques. Son champ d’action s’élargit au XXe siècle, devenant à la fois un centre d’information, de communication, d’animation et d’éducation interactives. Le musée a été défini par l’ICOM (International Council Of Museum), dont les études sur l’institution sont complétées par les travaux de l’ICOFOM (International Council FOr Museography). La définition proposée par l’ICOM en 2007, présente l’institution comme

« […] permanente sans but lucratif, au service de la société et de son développement, ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d'études, d'éducation et de délectation. »

Le musée est essentiel dans toute recherche sur une œuvre d’art et tient une place importante dans le discours des chercheurs sur l'image antique. Dans les interviews étudiées, les chercheurs ont des rapports divers au musée, que ce soit dans leur vie personnelle ou professionnelle. Les propos retranscrits sur l’institution répondent souvent à des questions très variées et apparaissent dans toutes les sections. Les citations peuvent ainsi être regroupées en trois pôles. D’abord le musée est une entité récurrente dans la vie des chercheurs. C'est aussi un lieu d’accueil des œuvres étudiées par les chercheurs et où ceux-ci entretiennent un rapport particulier avec les œuvres conservées. Enfin, l'enquête a aussi proposé aux professionnels de s’interroger sur les outils de recherche mis à leur disposition par le musée.

https://icom.museum/fr/activites/normes-et-lignes-directrices/definition-du-musee/

1. Le musée est indissociable de la vie des chercheurs

La plupart d’entre eux se rendent souvent au musée, qui fut très présent au cours de leur enfance, les sensibilisant ainsi à l’image et à l’art.

Pour Martine Denoyelle, qui fut conservatrice au musée du Louvre au département des Antiquités grecques, l’importance du musée est indiscutable. Le musée est toutefois arrivé bien avant dans sa vie, pendant ses études. Le travail de musée requiert une démarche de classification et d’attribution. En cela, parmi les lectures et les modèles théoriques que Martine Denoyelle utilise, Beazley lui sert de référence.

Certains relèvent aussi l’importance de la vue et du déplacement au musée ou dans les galeries, dans la formation du regard.

Ils s’accordent pour affirmer que la fréquentation des musées leur procure un plaisir esthétique.

2.1. Les œuvres dans le musée : rapport à l’objet

L’intérêt de travailler dans un musée, selon Martine Denoyelle et Marie-Christine Villanueva Puig, c'est d’avoir un contact direct avec l’objet, afin de l’analyser au mieux, ce qui est fondamental. D’autres chercheurs, qui ne travaillent pas directement dans le musée, aiment également se rendre sur place ou dans les réserves pour y regarder l’œuvre de plus près, comme François Lissarrague, Françoise Frontisi, ou encore Renaud Robert ; voire même manipuler les pièces, comme pour Jàs Elsner et Martine Denoyelle ou John Boardman. Pour d’autres encore, ce n’est pas absolument nécessaire, du moins leurs recherches ne les ont pas toujours invités à aller au contact direct de l’œuvre.

2.2. Les œuvres dans le musée : le musée comme contexte

L’œuvre d’art est parfois sortie de son contexte d'origine au profit du musée. Pour Gilles Sauron, les objets que l’on voit dans les musées n'étaient, en général, pas faits pour être vus. Paolo Moreno partage l’avis des chercheurs. Il ajoute cependant au changement de contexte des objets, le problème de l’exposition et de la dégradation que celle-ci peut entraîner. Simon Price, quant à lui, envisage surtout la mauvaise muséographie dont certains musées peuvent parfois faire preuve, et qui nuise aux objets exposés.

Enfin, comprendre l’histoire des musées et de leurs collections, permet de saisir le contexte des oeuvres exposées. L'enquête archivistique sur l'histoire des collections et des musées, est intéressante, notamment pour comprendre quel message véhiculent ces ensembles d'objets et pourquoi.

3. Le musée et ses productions : un outil de travail (catalogue, le lieu « musée », les images).

Les catalogues de musée sont très utilisés par les chercheurs. Pascale Linant de Bellefonds et Marie-Christine Villanueva Puig apprécient les qualités des bases de données des musées. Simon Price les trouve aussi très utiles, mais avoue la lente mise à jour de ces outils, et surtout, ne les emploie pas particulièrement comme ils sont sensés l’être.

D’autres chercheurs sont toutefois déçus par les catalogues informatisés, dont la finalité est touristique et qui sont parfois incomplets ou anciens. L’absence de catalogues dans certains musées peut être dû soit à l’ampleur de la collection (pour les grands musées) soit à un manque de moyen financier (petits musées).

Certains chercheurs interviewés parlent certes du musée par les outils de travail qu’il propose, mais aussi de l'institution muséale comme d'un outil elle-même. Le musée devient un lieu de formation à l'image comme l'explique John Boardman.

Consommateurs d’images, certains le sont en ce sens qu’ils prennent beaucoup de photographies lorsqu’ils visitent des musées. Le problème posé par le droit des images touche évidemment les musées. La plupart des chercheurs s’accordent à affirmer que la politique de droit des images mise en place par les musées est exagérée et le droit des images excessif, les musées n’ayant pour certain aucun droit moral sur les images. Tous ont des manières très différentes de contourner ce problème. Marie-Christine Villanueva Puig, par exemple, s’adresse directement aux musées, et il est alors rare que les institutions demandent des sommes élevées.

Cependant, d’autres professionnels, s’ils proposent une gratuité des documents dans le cadre du domaine scientifique, sont favorables à l’application de droits d’auteurs.

Certains musées détiennent des fonds d’images et, comme c’est le cas pour le British Museum, sont très en avance. Si certains musées n'autorisent que la publication d’images en ligne, d’autres n'autorisent que leur publication sur papier.

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