Le mot « perception » vient du latin perceptio, onis : action de recevoir ou encore percipere : saisir par les sens. C’est ce dernier terme qui est explicité ici. La perception est une première étape pour aller vers le savoir, la connaissance. Elle offre une première idée, une première vision mais qui à la différence de l’action de « voir », est obtenue par réflexion.  Il est possible de percevoir un objet, une pièce, une œuvre, de différentes manières. Car nous pouvons percevoir avec tous nos sens. Lorsque l’on perçoit une œuvre d’art, c’est généralement la vue et le toucher qui sont sollicités. Les autres sens peuvent également contribuer à la perception et à l’appropriation de l’œuvre.

1. Le premier regard : quand percevoir n’est pas voir.

Une œuvre ne sera pas perçue de la même façon selon le « bagage culturel » et la mémoire visuelle de chaque historien(e) d’art. Selon ses propres références, sa connaissance du sujet, du contexte, de l’histoire, la perception sera différente. Mais la perception dépend également de sa culture et de sa religion. Ces notions peuvent amener des préjugés, si l'historien(e) d'art ne parvient pas à s'en détacher. Elle peut impliquer aussi un jugement de valeur. Tous ces facteurs sont ce que l’on pourrait appeler des repères. Ils jalonnent notre perception qui se rapproche alors de l’intuition, selon certains chercheurs. Mais ces repères influencent et guident finalement vers le résultat de la recherche sur les oeuvres. 

2. Lecture d’une image : l’importance de contextualiser

Etant donné que la perception est subjective, le regard doit être éduqué afin de percevoir au mieux. Car encore une fois, percevoir n’est pas voir. Les auteurs mettent en avant le risque de surinterprétation lorsqu'on se livre à une étude trop hâtive. L’histoire de l’art n’est pas une science exacte et encore une fois, tout dépend du contexte de l’œuvre. Le contexte s'apprend et s'étudie, il est un des jalons qui façonnent notre perception.  Martine Denoyelle prend comme exemple l’iconographie du cratère des Niobides qui peut subir une interprétation trop hâtive du fait d’une iconographie connue et reconnue. Mais qui n’en est rien ici et c’est justement la connaissance du contexte qui permet de ne pas tomber dans le piège de « l’évidence ». Le contexte peut être connu grâce au travail de recherche et à la constitution d’une bibliothèque d’images et de « cas » d’études.

3. Le contact avec l’œuvre : l’importance du contact direct et les défauts/atouts des reproductions

Le premier contact est très important, puisqu’il va jouer sur la perception que l’on va avoir de l’objet étudié en faisant appel à nos sens. Une œuvre n’aura pas le même impact sur l’historien(e) si ce dernier la regarde au travers d’une reproduction papier (livre, catalogue…), ou à travers une vitrine, ou bien encore in situ. Le rapport peut être troublé s’il s’agit d’une reproduction. Toutes les interviews ont montrées qu’il était primordial d’avoir un contact direct avec l’œuvre, y compris pour connaitre sa taille, ses couleurs, son aura en quelque sorte. En revanche, les reproductions photographiques peuvent offrir un autre point de vu. C’est l’avis de Jas Esner. Le point de vu reproduit est celui du photographe certes, mais les reproductions peuvent permettre de voir des détails qu’il aurait été impossible de voir autrement qu’en touchant et manipulant l’objet par exemple et également permettre d’étudier l’œuvre a postériori.

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