Le texte c'est en premier lieu celui que les chercheurs rédigent pour leurs publications. Mais ce sont aussi les sources textuelles auxquelles ils sont confrontés. La question de l'équilibre entre le pouvoir des images et le texte, plus austère, se pose alors. Certains soulignent d'ailleurs que ceux-ci sont souvent plus accessibles que les images. Ils sont parfois plus aisés à mobiliser car on ne peut pas nier ce qui est écrit quand on peut mettre en doute ce qui est représenté dans une image.

C'est surtout dans son rapport à l'image que le texte intéresse les chercheurs en iconographie. Certains soulignent la nécessité dans ce cas de procéder à une double analyse, à la fois de l'image et du texte qui doit être replacé et interprété avec les critères de son époque. Cependant, beaucoup d’auteurs insistent sur la nécessité de ne pas tomber dans le piège d'un rapprochement systématique entre texte et image qui impliquerait une subordination de l'image-illustration au texte. D'autant que parfois, certaines images ne sont rattachables à aucun texte. On note d'ailleurs que l'inverse existe aussi, certaines images n'existent plus matériellement et ne sont connues que par des textes.

Enfin, on retrouve fréquemment, dans les discours des différents intervenants, l'idée que le texte et l'image sont à considérer en parallèle. L'étude iconographique d'un document peut être comparée au déchiffrage d'un texte et on observe alors que ces deux types de medium ne sont pas si différents dans leur fonctionnement.

1.1. Le rôle du texte comme formation

Certains des spécialistes interrogés comme Martine Denoyelle ou Renaud Robert ont suivi une formation plutôt littéraire, leur intérêt s'est alors déplacé des textes vers les œuvres pour appréhender une civilisation. Renaud Robert mentionne son intérêt pour la dimension représentative des textes.

1.2. Le rôle du texte dans l'interprétation des images

Les intervenants affirment généralement préférer procéder par une mise en série des images, sans faire intervenir les textes. Pascale Linant de Bellefonds affirme que si sa première réaction face à une image est de tenter de la rapprocher d'un texte, il faut procéder de façon très prudente. De plus, Martine Denoyelle mentionne que certaines images, les images uniques, ne sont pas rattachables à d'autres. En somme, le rapprochement entre texte et image ne doit jamais être immédiat.

2.1. Interpréter le texte pour servir l'interprétation de l'image

Plusieurs chercheurs dont Martine Denoyelle et John Boardman insistent sur l'idée que pour interpréter un texte, il est nécessaire de savoir pourquoi il a été écrit. En effet, un texte est à considérer dans un contexte. Une difficulté qui s'avère augmentée d'après Renaud Robert chez les historiens de l'antiquité. François Lissarague souligne alors la nécessité de lire les textes dans la langue d'origine.

2.2. Perméabilité entre texte et image

Parmi les auteurs interrogés, plusieurs évoquent les liens à faire dans l'appréhension d'un texte et celle d'une image. On trouve cette idée chez John Boardman, Paul Cartledge, Luca Cerchiai et Gilles Sauron qui estiment que ces deux types de documents ont la même valeur, voire que l'image peut être plus intéressante en tant qu' « original ».

Ce passage du texte à l'image est fondamental en histoire de l'art. En effet Mary Beard souligne que cette discipline est basée sur ce passage de l'image au texte. Elle ajoute que les textes peuvent parfois représenter ce que les images ne représentent pas. Elle rappelle que les anciens apréciaient avec des critères assez semblables les productions artistiques et les productions textuelles. Renaud Robert suggère d'ailleurs qu'il serait plus intéressant de travailler par rapport à des bornes chronologiques plutôt qu''en fonction de cette opposition entre texte et image.

3.1. Le texte comme source: la question du modèle de l'image

Quand on pose la question du modèle de l'image, il faut chercher à appréhender les connaissances textuelles de ceux qui réalisent les œuvres d'art.

3.2. Le texte comme source, dans la présentation des travaux des iconographes

François Lissarague démontre que présenter un texte plutôt qu'une image c'est mettre l'auditoire à égalité avec l'intervenant: ce qu'on lit est moins contestable que ce qu'on voit. En ce qui concerne la question de la production d'un manuel d'iconographie, Gilles Sauron insiste sur la nécessité de s'intéresser à des textes qui évoquent la vision de l'art par l'époque qui le produit.

Toutefois, Paul Cartledge mentionne que le progrès de la culture de l'image tend à faire décroître l'intérêt pour le texte, les images étant considérées comme plus simples à regarder.

Commentaires (0)

Les commentaires sur ce sujet ne sont plus acceptés.
logo de l'université de Tours

Université de Tours - 60 rue du Plat d'Etain - 37020 Tours cedex 1